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Les bonnes pratiques d'utilisation des compléments alimentaires

Nutrition / 08.10.2019
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Ces derniers temps dans l'actualité, on a pu lire beaucoup d'articles « santé » mettant en garde la population vis-à-vis des compléments alimentaires y compris ceux à base de plantes.

Vendues en pharmacie, en parapharmacie et même en supermarché ces petites gélules ont pourtant l'air inoffensives. Voici un article qui vous aidera à trouver les bonnes pratiques d'utilisation des compléments alimentaires pour un usage utile et sans danger.

 

Alors déjà, qu'entend-on par complément alimentaire ?

Depuis le 10 juin 2002, une directive européenne donne une définition précise des compléments alimentaires. Les compléments alimentaires y sont définis comme « des denrées alimentaires dont le but est de compléter un régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique ». Ces produits sont destinés à être pris par voie orale et sont conditionnés en doses, comme, par exemple, les comprimés, les gélules ou les ampoules.

À travers cette définition, les autorités placent ces produits dans le domaine des aliments et leur imposent les mêmes règles. Cette directive définit également les vitamines et les minéraux autorisés, mais laisse persister un certain flou vis-à-vis des autres types de substances proposés par ces produits aux consommateurs, comme les acides aminés, les hormones ou les plantes.

 

Pourquoi ces compléments sont-ils décriés ? Quels en sont les risques ?

Le risque principal, c’est l’interaction médicamenteuse, c’est-à-dire qu’un complément alimentaire peut devenir dangereux s’il empêche l’action d’un médicament. Le dispositif Nutrivigilance mis en place par l’Anses fait état de 2 384 signalements dont 15 % issus de compléments alimentaires « minceur » . « Entre 36 % et 52 % des cas signalés annuellement étaient considérés comme graves », indique le rapport qui mentionne également une étude américaine qui a comptabilisé 2 000 hospitalisations, suite à la consommation de compléments alimentaires visant à une perte de poids. Troubles intestinaux sévères, complications cardiaques, augmentation du risque de cancer colorectal sont évoqués.

Autre problème, qui relève plus de la fraude, est que certaines marques de complément alimentaire présentent leur produit comme “naturel” alors qu’en vérité, ces derniers contiennent une grande part d’actifs de synthèse très souvent issus de la pétrochimie . D’autres marques mettent en avant la composition du produit en insistant sur la qualité naturelle de certains composés du produit (extraits de plantes, huiles essentielles…) qui n’en contiennent que très peu. Et souvent les étiquettes sont indéchiffrables ! 

 

Quelles sont les substances visées ?

L’Académie de pharmacie s’est focalisée sur les composants des CAHH*, aux propriétés pharmacologiques, certes reconnues, mais jamais utilisées dans l’alimentation. Elle cite notamment le suc de l’aloès, l’écorce de la bourdaine ou du cascara, les racines de rhubarbes, le fruit du séné ou du pamplemoussier. Des interactions médicamenteuses ont également été établies dans les préparations contenant du millepertuis, ginseng, ginko, ail, kava et valériane. 
*hétérosides hydroxyanthracéténiques

 

Doit-on renoncer aux compléments alimentaires ?

Si vous décidez de prendre des compléments alimentaires, notre premier conseil serait de vous demander si vous avez réellement BESOIN de ce complément.

Par exemple, certains compléments à visée de perte de poids ne sont autre que des laxatifs. Même 100% naturels, ils ne font qu'accélérer le transit, et la perte de poids n’est qu’un leurre. Vous ne perdez essentiellement que de l'eau, risquez la déshydratation, et les vitamines liposolubles de votre alimentation sont beaucoup moins bien absorbées ce qui peut provoquer des carences.

Notre second conseil est de se procurer les compléments alimentaires en pharmacie et non au supermarché ou sur internet. L’avis du pharmacien peut ainsi être sollicité, ainsi que les précautions à prendre. Vous pouvez également le questionner sur les interactions avec votre éventuel traitement en cours. Vous éviterez également les produits illégaux et/ou nocif pour la santé. Il faut savoir que tous nos besoins se trouvent dans l'alimentation classique naturelle mais si vous êtes végétalien, par exemple, et que vous avez besoin de vitamine B12, demandez conseil à une diététicienne ou à votre médecin. Ils sauront vous donner la meilleure forme et la meilleure posologie adaptées à votre cas. 

Méfiez-vous également des sites internet ou "influenceurs" des réseaux sociaux vous vantant tels ou tels compléments ... si vous y regardez de plus près, il y a trop souvent derrière les « conseils » et « avis » des sites marchands, ou bien des personnes rémunérées par la marque pour vous en vanter les mérites.

Enfin, tournez-vous vers des compléments alimentaires bio aux labels biologiques reconnus (AB, Ecocert, Nature & Progrès) ou certifiés par des organismes indépendants. Ces produits biologiques garantissent un complément nutritif dont la fabrication est respectueuse de l’environnement avec 95% à 100% des ingrédients issus d’une agriculture biologique.

En conclusion, les compléments alimentaires peuvent être très utiles dans certains cas, mais doivent venir, comme leur nom l’indique, complémenter le rôle de l’alimentation et en aucun cas la remplacer. Avant d’avoir recours aux suppléments, pensez à rechercher ce dont vous avez besoin directement dans votre alimentation : du fer dans les lentilles et les légumes verts, de la vitamine C dans les fruits et les légumes, du tonus avec le thé vert ou encore du confort digestif avec les fibres…

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